CVAE 2026 : taux, suppression et déclaration du dirigeant
Définition rapide. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises est, avec la cotisation foncière des entreprises, l'une des deux composantes de la contribution économique territoriale. En 2026, elle est déclarée par toute entreprise dont le chiffre d'affaires dépasse 152 500 € et réellement due, après dégrèvement, au-delà de 500 000 €. Son taux effectif est progressif, nul sous 500 000 € et plafonné à 0,28 % au-delà de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires, un maximum maintenu pour 2026 et 2027 avant une baisse à 0,19 % en 2028, 0,09 % en 2029 puis la suppression totale en 2030. Une taxe additionnelle de 9,23 % au profit des chambres de commerce et d'industrie s'ajoute à la cotisation. La déclaration n° 1330-CVAE-SD se dépose au début du mois de mai, avec des acomptes au 15 juin et au 15 septembre.
La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises occupe une place singulière dans la fiscalité du dirigeant. Contrairement à la cotisation foncière des entreprises, qui touche presque toutes les structures dès leurs premiers pas, la CVAE ne concerne que les entreprises ayant atteint une certaine taille, et sa mécanique repose sur la valeur ajoutée produite plutôt que sur le bénéfice ou sur les locaux. Elle appartient à la famille des impôts de production, ces prélèvements assis sur l’activité elle-même et non sur le résultat, que les pouvoirs publics ont entrepris de réduire depuis 2021. La CVAE est d’ailleurs le symbole de cette politique, puisque sa suppression a été décidée, repoussée, puis étalée dans le temps. Pour un dirigeant, comprendre où en est cette trajectoire en 2026, savoir s’il doit déclarer, payer, et selon quel calendrier, évite deux écueils : oublier une obligation déclarative qui existe même sans cotisation à régler, et mal anticiper une charge qui, pour les entreprises en croissance, reste bien réelle jusqu’en 2029. Cet article détaille la mécanique complète de la CVAE en 2026, sources officielles service-public.fr, BOFiP et impots.gouv.fr à l’appui.
Le cadre légal 2026 de la CVAE
La CVAE est régie par les articles 1586 ter et suivants du Code général des impôts. Elle constitue, avec la cotisation foncière des entreprises, l’un des deux volets de la contribution économique territoriale, cet ensemble qui a remplacé la taxe professionnelle en 2010 pour financer les collectivités locales. Là où la cotisation foncière des entreprises taxe l’occupation de locaux et concerne pratiquement toutes les entreprises, la CVAE vise la valeur ajoutée produite et ne touche que celles dont le chiffre d’affaires franchit un seuil significatif. Nous décrivons en détail l’autre composante de la contribution économique territoriale dans notre analyse de la cotisation foncière des entreprises en 2026, et les deux articles se lisent utilement ensemble, car un dirigeant confond souvent les deux prélèvements.
Le fait marquant de ces dernières années est la décision de supprimer la CVAE. Présentée comme une mesure de compétitivité destinée à alléger les impôts de production, cette suppression devait d’abord intervenir rapidement. La loi de finances pour 2025 a toutefois modifié ce calendrier en reportant l’extinction de la cotisation à 2030 et en réétalant la baisse des taux. La CVAE n’est donc pas un impôt en voie de disparition immédiate : elle continue de peser sur les entreprises redevables pendant plusieurs exercices, avec une charge décroissante à partir de 2028.
Qui doit déclarer et payer la CVAE en 2026
Toute entreprise dont le chiffre d’affaires dépasse 152 500 € doit déclarer sa valeur ajoutée, mais seules celles dont le chiffre d’affaires excède 500 000 € paient effectivement la CVAE une fois le dégrèvement appliqué. Cette distinction entre seuil de déclaration et seuil de paiement est la première source de confusion. Une société qui réalise 300 000 € de chiffre d’affaires est tenue de déposer la déclaration de valeur ajoutée et d’effectifs, alors même qu’elle ne réglera aucune cotisation. Ne pas déposer cette déclaration expose à une amende, indépendamment du fait qu’aucune CVAE ne soit due.
Le champ des redevables recoupe largement celui de la cotisation foncière des entreprises : sont concernées les personnes physiques ou morales qui exercent une activité imposable à titre habituel, quel que soit leur statut juridique ou leur régime fiscal. Le critère décisif reste le niveau de chiffre d’affaires. Le choix entre impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu, que nous détaillons dans notre guide IS ou IR selon ton chiffre d’affaires, n’a aucune incidence sur l’assujettissement à la CVAE, pas plus qu’il n’en a sur la cotisation foncière des entreprises.
| Chiffre d’affaires HT | Déclaration 1330-CVAE-SD | CVAE réellement due |
|---|---|---|
| Jusqu’à 152 500 € | Non obligatoire | Non |
| De 152 501 € à 500 000 € | Obligatoire | Non (dégrèvement total) |
| Au-delà de 500 000 € | Obligatoire | Oui, selon barème progressif |
La cotisation minimale et le dégrèvement
Le passage du seuil de 500 000 € ne signifie pas que la cotisation devient immédiatement lourde. Un mécanisme de dégrèvement, pris en charge par l’État, réduit la CVAE des petites et moyennes entreprises. Pour 2026, ce dégrèvement complémentaire atteint 188 € pour les entreprises dont le chiffre d’affaires reste inférieur à 2 millions d’euros, ce qui allège nettement la charge des structures qui viennent de franchir le seuil d’imposition. À l’inverse, une cotisation minimale de 63 € s’applique aux entreprises redevables, afin d’éviter des montants dérisoires à recouvrer. Entre ce plancher et le plafond des grandes entreprises, la CVAE varie donc fortement selon la taille, et son poids réel ne se mesure jamais au seul taux affiché.
Comment se calcule la CVAE en 2026
La CVAE se calcule en appliquant à la valeur ajoutée produite par l’entreprise un taux effectif qui dépend de son chiffre d’affaires. La valeur ajoutée est une notion comptable précise, définie par le Code général des impôts, qui correspond en substance à la richesse créée par l’entreprise, soit la différence entre ce qu’elle produit et ses consommations en provenance de tiers. Cette valeur ajoutée est elle-même plafonnée en fonction du chiffre d’affaires, à hauteur de 80 % du chiffre d’affaires pour les entreprises réalisant jusqu’à 7,6 millions d’euros, et de 85 % au-delà, afin d’éviter que la base ne s’emballe pour les activités à forte valeur ajoutée.
Le taux effectif, lui, est progressif. Il est nul pour un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 500 000 €, puis augmente par tranches à mesure que le chiffre d’affaires progresse, jusqu’à atteindre son maximum au-delà de 50 millions d’euros. Ce taux maximal a été maintenu à 0,28 % pour les années 2026 et 2027. Le barème exact des tranches intermédiaires, avec les coefficients applicables à chaque niveau de chiffre d’affaires, est fixé par la doctrine administrative, que nous ne reproduisons pas ici dans le détail pour éviter toute approximation : il figure dans la note BOFiP sur la liquidation de la CVAE citée en tête d’article.
| Chiffre d’affaires HT | Taux effectif de CVAE 2026 |
|---|---|
| Jusqu’à 500 000 € | 0 % |
| De 500 001 € à 3 millions d’euros | Taux progressif faible |
| De 3 à 10 millions d’euros | Taux progressif intermédiaire |
| De 10 à 50 millions d’euros | Taux progressif élevé |
| Au-delà de 50 millions d’euros | 0,28 % (taux maximal) |
À la cotisation ainsi obtenue s’ajoute une taxe additionnelle destinée au financement des chambres de commerce et d’industrie, égale à 9,23 % du montant de la CVAE. Cette taxe additionnelle suit le sort de la cotisation principale et doit être intégrée dans le calcul du coût total. Enfin, la contribution économique territoriale dans son ensemble, cotisation foncière des entreprises et CVAE réunies, fait l’objet d’un plafonnement en fonction de la valeur ajoutée : lorsque la somme des deux cotisations dépasse un certain pourcentage de la valeur ajoutée de l’entreprise, un dégrèvement vient limiter la charge globale. Ce plafonnement protège surtout les entreprises capitalistiques, dont les locaux pèsent lourd dans la cotisation foncière des entreprises.
Un exemple concret
Prenons une société industrielle soumise à l’impôt sur les sociétés, dont le chiffre d’affaires atteint 5 millions d’euros et la valeur ajoutée 2,5 millions d’euros. Avec un chiffre d’affaires situé dans la tranche de 3 à 10 millions d’euros, son taux effectif ressort à environ 0,14 %, selon le barème progressif. Sa CVAE brute s’établit alors autour de 3 550 €. À ce montant s’ajoute la taxe additionnelle de 9,23 %, soit près de 330 €, portant le coût total à environ 3 880 €. Comme son chiffre d’affaires dépasse 2 millions d’euros, cette société ne bénéficie pas du dégrèvement complémentaire de 188 €.
La même entreprise, si elle avait réalisé un chiffre d’affaires de 400 000 €, n’aurait payé aucune CVAE, tout en restant tenue de déposer sa déclaration de valeur ajoutée. Cet écart illustre la logique de seuil qui gouverne la CVAE : c’est le passage de certains paliers de chiffre d’affaires, et non la progression continue du résultat, qui déclenche puis alourdit la cotisation. Pour une entreprise en croissance rapide, l’année du franchissement du seuil de 500 000 € mérite une attention particulière dans le prévisionnel, au même titre que le suivi du taux d’impôt sur les sociétés, que nous détaillons dans notre analyse de l’IS 2026 et ses taux de 15 % et 25 %.
La suppression progressive de la CVAE jusqu’en 2030
La CVAE est vouée à disparaître, mais selon un calendrier qui a été plusieurs fois modifié. La trajectoire retenue à ce jour, issue de la loi de finances pour 2025, maintient le taux maximal à 0,28 % pour 2026 et 2027, avant de le réduire progressivement puis de supprimer totalement la cotisation en 2030. Ce report a déçu les entreprises qui espéraient une extinction plus rapide, mais il offre en contrepartie une visibilité pluriannuelle sur la baisse à venir.
| Année | Taux maximal de CVAE |
|---|---|
| 2026 | 0,28 % |
| 2027 | 0,28 % |
| 2028 | 0,19 % |
| 2029 | 0,09 % |
| 2030 | 0 % (suppression) |
Cette trajectoire appelle une lecture prudente. D’une part, la baisse ne devient sensible qu’à partir de 2028 : en 2026 et 2027, les entreprises redevables paient la CVAE au taux plein maintenu. D’autre part, un calendrier de suppression étalé sur plusieurs exercices reste tributaire des arbitrages budgétaires. Une loi de finances ultérieure pourrait à nouveau décaler l’échéance ou aménager les taux, comme cela s’est déjà produit. Il serait donc imprudent de considérer la disparition de la CVAE en 2030 comme un acquis définitif et de bâtir un prévisionnel à long terme sur cette seule hypothèse. La règle de bon sens consiste à vérifier chaque année le taux effectivement applicable. Il faut aussi rappeler que cette suppression ne vise que la CVAE : la cotisation foncière des entreprises, elle, est maintenue, tout comme le plafonnement de la contribution économique territoriale.
Déclarer et payer la CVAE : calendrier et formulaires 2026
La CVAE obéit à un calendrier déclaratif et de paiement en plusieurs temps, distinct de celui de l’impôt sur les sociétés. Le premier temps est la déclaration de la valeur ajoutée et des effectifs, au moyen du formulaire n° 1330-CVAE-SD, qui se dépose par voie dématérialisée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, soit au début du mois de mai 2026, avec un délai supplémentaire de quinze jours accordé pour la télédéclaration. Cette déclaration est due par toutes les entreprises dépassant 152 500 € de chiffre d’affaires, même celles qui ne paieront pas la cotisation.
Le deuxième temps concerne le paiement. Lorsque la CVAE de l’année précédente a dépassé 1 500 €, l’entreprise verse deux acomptes, chacun égal à la moitié de la cotisation, au plus tard le 15 juin et le 15 septembre, au moyen du relevé d’acompte n° 1329-AC-SD. Le troisième temps est la régularisation : la déclaration de liquidation et de régularisation n° 1329-DEF permet, au début du mois de mai suivant, de solder la cotisation réellement due au titre de l’année et de comparer le total dû aux acomptes déjà versés. Ce séquencement suppose un suivi rigoureux de la trésorerie et une bonne articulation avec les autres obligations fiscales de l’entreprise, ce qui justifie, pour la plupart des dirigeants, l’accompagnement d’un professionnel du chiffre, un choix que nous éclairons dans notre guide sur les critères pour choisir son expert-comptable.
L’ensemble de ces déclarations s’inscrit dans la logique de télétransmission qui gouverne désormais la fiscalité professionnelle, au même titre que la liasse fiscale, dont nous détaillons les formulaires et l’envoi dématérialisé dans notre article sur la liasse fiscale 2026 et la téléprocédure EDI-TDFC. La cohérence entre ces différentes échéances est la clé d’une gestion sans majoration.
Les erreurs fréquentes autour de la CVAE
La première erreur, et de loin la plus répandue, consiste à croire qu’une entreprise non redevable de la CVAE n’a aucune démarche à accomplir. C’est faux : dès 152 500 € de chiffre d’affaires, la déclaration de valeur ajoutée et d’effectifs est obligatoire, même en l’absence de cotisation à payer. De nombreuses entreprises entre 152 500 € et 500 000 € de chiffre d’affaires ignorent cette obligation et s’exposent à une amende évitable.
La deuxième erreur porte sur la confusion entre CVAE et cotisation foncière des entreprises. Certaines entreprises pensent que la baisse ou la suppression de la CVAE allège aussi la cotisation foncière des entreprises. Or ces deux composantes de la contribution économique territoriale suivent des règles distinctes : la cotisation foncière des entreprises reste due et n’est pas concernée par la suppression programmée en 2030. La troisième erreur consiste à négliger la taxe additionnelle de 9,23 % au profit des chambres de commerce et d’industrie, oubliée dans le prévisionnel alors qu’elle majore mécaniquement la cotisation.
Une quatrième difficulté, plus technique, tient au calcul de la valeur ajoutée servant d’assiette. Cette notion comptable obéit à une définition fiscale précise, qui ne coïncide pas toujours avec la valeur ajoutée du compte de résultat, et son plafonnement en fonction du chiffre d’affaires ajoute une couche de complexité. Une erreur d’assiette peut conduire à sous-évaluer ou surévaluer la cotisation. Enfin, certains dirigeants oublient l’articulation entre la CVAE, la cotisation foncière des entreprises et le plafonnement de la contribution économique territoriale en fonction de la valeur ajoutée, qui peut ouvrir droit à un dégrèvement pour les entreprises dont la charge globale est excessive. Cette revue d’ensemble mérite une place dans le suivi annuel de la fiscalité de l’entreprise, aux côtés de la gestion de la TVA et de ses seuils en 2026.
Questions fréquentes
Qui doit déclarer et payer la CVAE en 2026 ?
Toute entreprise dont le chiffre d’affaires hors taxes dépasse 152 500 € doit déposer la déclaration n° 1330-CVAE-SD, même sans cotisation à régler. La CVAE n’est réellement due, après dégrèvement, que par les entreprises dont le chiffre d’affaires excède 500 000 €. Entre ces deux seuils, l’entreprise déclare mais ne paie pas. Le statut juridique et le régime d’imposition n’entrent pas en compte : seul le niveau de chiffre d’affaires détermine l’assujettissement.
Quel est le taux de la CVAE en 2026 ?
Le taux effectif est progressif : nul en dessous de 500 000 € de chiffre d’affaires, il augmente par tranches jusqu’à un maximum de 0,28 % au-delà de 50 millions d’euros. Ce taux maximal a été maintenu à 0,28 % pour 2026 et 2027. Une taxe additionnelle de 9,23 % au profit des chambres de commerce et d’industrie s’ajoute à la cotisation, et un dégrèvement de 188 € allège la charge des entreprises dont le chiffre d’affaires reste sous 2 millions d’euros.
La CVAE est-elle vraiment supprimée en 2030 ?
Oui, mais après un report. La loi de finances pour 2025 a décalé la suppression à 2030. Le taux maximal reste à 0,28 % en 2026 et 2027, puis passe à 0,19 % en 2028 et 0,09 % en 2029, avant la disparition totale en 2030. Ce calendrier résulte d’arbitrages budgétaires qui pourraient encore évoluer : il faut donc vérifier chaque année le taux applicable plutôt que de tenir la suppression pour définitivement acquise.
Comment et quand déclarer la CVAE en 2026 ?
La déclaration de valeur ajoutée et d’effectifs, formulaire n° 1330-CVAE-SD, se dépose par voie dématérialisée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, soit au début du mois de mai 2026, avec quinze jours supplémentaires en télédéclaration. Le paiement s’effectue par deux acomptes, au 15 juin et au 15 septembre, lorsque la CVAE de l’année précédente a dépassé 1 500 €. La régularisation intervient ensuite au moyen du formulaire n° 1329-DEF, au début du mois de mai suivant.
Quelle différence entre la CVAE et la CFE ?
Les deux sont les composantes de la contribution économique territoriale. La cotisation foncière des entreprises frappe l’occupation de locaux et concerne presque toutes les entreprises, sur la base de la valeur locative ou d’une base minimum. La CVAE frappe la valeur ajoutée et ne vise que les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 500 000 €. Une petite structure peut payer la cotisation foncière des entreprises sans être redevable de la CVAE. Seule la CVAE est concernée par la suppression programmée en 2030.
En résumé
La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises est l’un des deux volets de la contribution économique territoriale, celui qui frappe la valeur ajoutée produite et ne vise que les entreprises ayant atteint une certaine taille. En 2026, elle se déclare dès 152 500 € de chiffre d’affaires et ne se paie, après dégrèvement, qu’au-delà de 500 000 €. Son taux effectif progressif culmine à 0,28 %, un maximum maintenu pour 2026 et 2027 avant une baisse à 0,19 % en 2028, 0,09 % en 2029, puis la suppression totale en 2030. Une taxe additionnelle de 9,23 % au profit des chambres de commerce et d’industrie s’ajoute à la cotisation, tandis qu’un dégrèvement de 188 € et une cotisation minimale de 63 € encadrent la charge des plus petites entreprises redevables. La déclaration n° 1330-CVAE-SD se dépose au début du mois de mai, avec des acomptes au 15 juin et au 15 septembre. Pour le dirigeant, la CVAE reste un poste à suivre chaque année : sa disparition programmée n’est pas encore acquise, et l’obligation de déclarer subsiste même lorsque aucune cotisation n’est due.
Questions fréquentes
Vos questions sur le sujet
Qui doit déclarer et payer la CVAE en 2026 ?
L'obligation déclarative et l'obligation de paiement ne visent pas les mêmes entreprises. Toute entreprise dont le chiffre d'affaires hors taxes dépasse 152 500 € doit déposer la déclaration de valeur ajoutée et d'effectifs n° 1330-CVAE-SD, même si elle n'a finalement aucune CVAE à régler. La cotisation n'est réellement due, après application du dégrèvement pris en charge par l'État, que par les entreprises dont le chiffre d'affaires excède 500 000 €. Entre ces deux seuils, l'entreprise déclare mais ne paie pas. La CVAE concerne les redevables de la cotisation foncière des entreprises exerçant une activité imposable, quel que soit leur statut juridique ou leur régime d'imposition, dès lors que le seuil de chiffre d'affaires est franchi. Une société qui débute ou dont l'activité reste modeste peut donc être hors du champ du paiement tout en restant, selon son chiffre d'affaires, dans le champ de la déclaration.
Quel est le taux de la CVAE en 2026 ?
Le taux de la CVAE est un taux effectif progressif qui dépend du chiffre d'affaires de l'entreprise. Il est nul en dessous de 500 000 € de chiffre d'affaires, puis augmente par tranches pour atteindre son maximum au-delà de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires. Ce taux maximal, qui devait initialement baisser plus vite, a été maintenu à 0,28 % pour les années 2026 et 2027 par la loi de finances qui a reporté la suppression de la CVAE à 2030. Une entreprise dont le chiffre d'affaires se situe entre 500 000 € et 50 millions d'euros applique donc un taux intermédiaire, calculé selon le barème progressif fixé par le Code général des impôts et détaillé dans la doctrine administrative. À ce montant s'ajoutent une taxe additionnelle destinée au financement des chambres de commerce et d'industrie, égale à 9,23 % de la CVAE, et le jeu du dégrèvement pour les plus petites entreprises.
La CVAE est-elle vraiment supprimée en 2030 ?
La suppression de la CVAE est bien programmée, mais elle a été reportée à 2030 par la loi de finances pour 2025, alors qu'un calendrier antérieur prévoyait une disparition plus rapide. Concrètement, le taux maximal reste fixé à 0,28 % pour 2026 et 2027, puis il est ramené à 0,19 % en 2028, à 0,09 % en 2029, avant la suppression totale de la cotisation en 2030. Ce report signifie que les entreprises redevables continuent de payer la CVAE pendant plusieurs exercices, avec une charge qui diminue progressivement à partir de 2028. La prudence s'impose toutefois, car ce calendrier résulte de choix budgétaires susceptibles d'être à nouveau ajustés par une loi de finances ultérieure. Il faut donc vérifier chaque année le taux applicable plutôt que de considérer la trajectoire comme définitivement acquise.
Comment et quand déclarer la CVAE en 2026 ?
La CVAE repose sur deux temps déclaratifs distincts. La déclaration de la valeur ajoutée et des effectifs, formulaire n° 1330-CVAE-SD, se dépose par voie dématérialisée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, soit au début du mois de mai 2026, avec un délai supplémentaire de quinze jours en cas de télédéclaration. Le versement, lui, s'effectue au moyen de deux acomptes lorsque la CVAE de l'année précédente a dépassé 1 500 €, l'un au 15 juin et l'autre au 15 septembre, chacun égal à la moitié de la cotisation. La déclaration de liquidation et de régularisation, formulaire n° 1329-DEF, permet ensuite de solder la cotisation réellement due au titre de l'année, au début du mois de mai suivant. Le respect de ces échéances conditionne l'absence de majoration et suppose de piloter la trésorerie de l'entreprise en conséquence.
Quelle différence entre la CVAE et la CFE ?
La CVAE et la cotisation foncière des entreprises sont les deux composantes d'un même impôt local, la contribution économique territoriale, qui a remplacé la taxe professionnelle en 2010. La cotisation foncière des entreprises frappe l'occupation de locaux professionnels et concerne la quasi-totalité des entreprises, y compris les plus petites, sur la base de la valeur locative des biens ou d'une base minimum forfaitaire. La CVAE, elle, frappe la valeur ajoutée produite par l'entreprise et ne vise que celles dont le chiffre d'affaires dépasse 500 000 €. Une petite structure peut donc payer la cotisation foncière des entreprises sans être redevable de la CVAE. Les deux cotisations obéissent en outre à un plafonnement commun en fonction de la valeur ajoutée, qui limite le poids total de la contribution économique territoriale. La suppression programmée en 2030 ne concerne que la CVAE, la cotisation foncière des entreprises étant maintenue.